Pour la première fois, la parole des maires de villes moyennes est mesurée de façon systématique. Réalisé par l'Institut Quorum en partenariat avec Villes de France, le Baromètre des Maires de France 2026 interroge 500 maires de communes de plus de 10 000 habitants, à l'entame de leur mandat. Confiance lucide, contraintes budgétaires, accès aux soins en priorité absolue et sentiment d'être mal entendus à Paris : voici ce que disent les élus.
Des maires confiants, mais lucides
À l'entame du mandat, 72 % des maires se disent confiants (dont 18 % très confiants) et 78 % jugent leurs services municipaux en capacité d'accompagner leurs ambitions. Le panel conjugue expérience et regard neuf : 66 % sont des élus réélus, 34 % accèdent à la fonction pour la première fois. Mais cette confiance est lucide : 89 % trouvent le métier de maire plus difficile qu'il y a dix ans, dont 61 % beaucoup plus difficile. Le sentiment d'un mandat qui se complexifie est quasi unanime.
Un mandat sous contrainte budgétaire
La contrainte financière est déjà là : 82 % des maires identifient des contraintes budgétaires pesant sur leurs engagements, sur certains projets (53 %) ou sur la plupart d'entre eux (23 %). Près de quatre sur dix (38 %) ont trouvé une situation financière pire que prévu. Sans surprise, le manque de moyens financiers est désigné comme le premier frein à l'action (41 %), loin devant l'excès de normes (24 %) et la complexité administrative (17 %).
Deux priorités : la santé d'abord, la sécurité ensuite
Interrogés sur leurs deux priorités absolues, les maires placent l'accès aux soins en tête (58 %), devant la sécurité (51 %) et la revitalisation du centre-ville (42 %). La santé s'impose comme la préoccupation transversale du mandat. La méthode évolue aussi : 66 % des maires ont engagé ou prévu une démarche de consultation des habitants pour construire leur action.
Défis 2030 : la désertification médicale en tête
À l'horizon 2030, le défi le plus redouté est sans appel : 63 % des maires citent la désertification médicale, devant le financement des investissements (54 %) et l'attractivité pour les jeunes actifs (38 %). Santé et finances structurent l'inquiétude des prochaines années.
Intercommunalité utile, État lointain
L'échelon intercommunal fait figure d'appui : 76 % des maires jugent leur intercommunalité utile, pleinement (28 %) ou partiellement (48 %). Mais le dialogue avec l'État est jugé défaillant : 75 % estiment que les villes moyennes ne bénéficient pas d'une écoute suffisante du gouvernement, et 78 % considèrent que leurs préoccupations ne sont pas assez prises en compte dans le débat politique national. Le sentiment d'invisibilité dans l'agenda national est massif et transcende les sensibilités.
Le message au Gouvernement : des moyens et de la liberté d'action
S'ils avaient un message à adresser au Gouvernement, les maires demanderaient d'abord de renforcer les finances locales (39 %), puis de simplifier les normes (28 %). Moyens et liberté d'action priment sur les politiques sectorielles. De leur association, Villes de France, ils attendent en priorité une action sur les dotations et finances locales (34 %) et sur l'accès aux soins (27 %).
Ce que les maires nous disent
Le portrait qui se dégage est celui de maires confiants mais lucides : ils croient en leur mandat mais mesurent déjà les contraintes. Trois attentes prioritaires structurent leur voix — des finances locales renforcées, l'accès aux soins comme urgence, et plus d'écoute, moins de normes. Sécuriser les finances, alléger les normes et répondre à l'urgence de la santé : ce sont les conditions d'un mandat où la confiance des maires ne s'érode pas. C'est tout l'objet de ce baromètre, que l'Institut Quorum entend inscrire dans la durée.
