MaPrimeRénov’ est devenue le principal outil public de soutien à la rénovation énergétique des logements. En 2024, le dispositif a financé la rénovation de plus de 340 000 logements. Mais l’année 2025, marquée par des interruptions, rappelle la fragilité d’un mécanisme sous tension budgétaire.
340 801 logements rénovés en 2024
Selon l’ANAH, MaPrimeRénov’ a permis de rénover 340 801 logements en 2024, pour 3,29 milliards d’euros d’aides versées. Le dispositif combine deux parcours : la rénovation « par geste », ciblée sur un équipement, et la rénovation « d’ampleur », qui vise un saut de performance global.
Cette échelle fait de MaPrimeRénov’ un levier central de la politique climatique dans le bâtiment, secteur responsable d’une part importante des émissions et de la consommation d’énergie.
Le dispositif s’adresse aux propriétaires occupants comme aux bailleurs, et couvre aussi bien le remplacement d’un système de chauffage que l’isolation globale d’un logement, avec des barèmes modulés selon les revenus.
Un dispositif tourné vers les ménages modestes
La répartition des bénéficiaires est un marqueur social fort. Les ménages aux revenus très modestes représentent 46 % des aidés, les modestes 25 %, les intermédiaires 27 %, et les ménages aux revenus supérieurs seulement 2 %.
Ce ciblage répond à un double objectif : réduire les émissions et lutter contre la précarité énergétique, en aidant en priorité ceux qui subissent le plus les passoires thermiques.
Un budget en hausse, un volume en baisse
En 2025, le nombre de logements rénovés recule à 307 731, soit 11 % de moins qu’en 2024, alors même que le montant d’aides progresse à 3,81 milliards d’euros. Cette divergence traduit un recentrage vers des rénovations plus lourdes et plus coûteuses par dossier.
Les interruptions de 2025
L’année 2025 a été marquée par une suspension du guichet des rénovations d’ampleur de juin à septembre, dans un effort de lutte contre la fraude et de maîtrise de la dépense. Le parcours par geste a lui aussi reculé fortement sur l’année.
Ces à-coups nuisent à la lisibilité du dispositif. Pour les ménages comme pour les artisans, l’instabilité des règles est un frein aussi puissant que le niveau de l’aide elle-même.
La stabilité des règles conditionne en effet la montée en compétence de toute une filière : diagnostiqueurs, artisans, accompagnateurs. Chaque changement de barème ou de calendrier oblige à réapprendre et ralentit les chantiers engagés.
Le reste à charge, obstacle persistant
Un contre-argument s’impose : même généreuse, une aide ne déclenche la décision que si le reste à charge est soutenable. Pour une rénovation d’ampleur, l’avance des fonds et le coût résiduel restent dissuasifs pour beaucoup de ménages, y compris modestes.
La performance d’un dispositif ne se mesure donc pas au seul montant engagé, mais à sa capacité à lever les freins concrets : trésorerie, confiance, accompagnement dans la durée.
C’est pourquoi l’accompagnement humain, via un tiers de confiance qui aide à monter le dossier et à sécuriser le financement, pèse souvent autant que le montant de la prime dans la décision finale du ménage.
Écouter les ménages pour ajuster
Comprendre pourquoi un ménage renonce ou s’engage suppose d’écouter directement les publics concernés. L’Institut Quorum accompagne ces diagnostics, en prolongement de nos analyses sur les passoires thermiques et sur la précarité énergétique.
Ces études s’inscrivent dans notre offre d’expertises au service des acteurs publics et de la transition écologique.
Ce qu’il faut retenir
MaPrimeRénov’ reste un pilier de la rénovation énergétique, fortement orienté vers les ménages modestes. Mais le recul des volumes en 2025 et les interruptions du guichet montrent qu’un dispositif efficace a besoin de stabilité et d’un reste à charge soutenable. Pour les décideurs, l’enjeu est d’ajuster sans casser la confiance des ménages.