Le recrutement se desserre, mais il reste un casse-tête pour une entreprise sur deux. Avec 2,43 millions de projets d'embauche et la moitié jugés difficiles, l'enquête Besoins en main-d'oeuvre confirme que la pénurie de compétences n'a pas disparu, elle s'est déplacée. Dans ce contexte, l'image employeur devient un actif stratégique.
Un marché qui se détend, des tensions qui demeurent
Selon l'enquête Besoins en main-d'oeuvre de France Travail, les employeurs anticipent 2,43 millions de projets de recrutement en 2025, en baisse de 12,5 %, soit environ 350 000 de moins qu'un an plus tôt. La demande de main-d'oeuvre ralentit, à mesure que la conjoncture se tend.
Dans le même temps, la part des projets jugés difficiles recule de 7,3 points, à 50,1 %, un retour aux niveaux de 2019. La détente est réelle, mais elle laisse encore un recrutement sur deux dans la difficulté.
Des difficultés très sectorielles
La moyenne masque de fortes disparités. Les difficultés restent très marquées dans le commerce et la réparation automobile (69,7 %), la construction (66,1 %) et la santé et l'action sociale (63 %), autant de secteurs essentiels au quotidien des territoires.
Ces tensions ne se résorbent pas au même rythme partout : elles dépendent des métiers, mais aussi de l'attractivité propre à chaque bassin d'emploi.
Ces métiers en tension sont souvent ceux qui structurent le quotidien : soigner, construire, vendre, servir. Leur difficulté à recruter finit par se traduire en délais, en services dégradés et en projets retardés, bien au-delà de la seule entreprise concernée.
Au-delà des salaires, l'image employeur
Le principal motif avancé par les employeurs reste l'inadéquation des candidatures, en nombre comme en profil. Mais un facteur monte : la difficulté liée aux moyens financiers des entreprises, dans un contexte économique plus contraint.
Quand les candidats se font rares et sélectifs, ce ne sont plus seulement le salaire et le poste qui décident, mais l'image de l'entreprise, le sens du travail proposé et la réputation du territoire. La marque employeur devient un différenciateur concret.
Les jeunes générations, en particulier, arbitrent autant sur le sens, les conditions de travail et les valeurs affichées que sur la seule rémunération. Une entreprise dont l'image ne dit rien, ou dit la mauvaise chose, part avec un handicap dans la course aux candidatures.
Une lecture à nuancer
La détente observée est en partie conjoncturelle : elle reflète un ralentissement de l'activité autant qu'une amélioration structurelle de l'appariement entre offres et candidats. Les pénuries de compétences de fond, elles, demeurent.
Autrement dit, un marché moins tendu ne garantit pas des recrutements plus faciles pour l'entreprise qui peine à se rendre visible et désirable.
Un enjeu pour les entreprises et les territoires
L'attractivité employeur n'est pas qu'une affaire d'entreprise : elle se joue aussi à l'échelle du territoire, de son cadre de vie, de son logement et de ses services. Un bassin attractif aide ses entreprises à recruter, et inversement.
Les collectivités l'ont compris : soutenir l'attractivité économique d'un territoire, c'est aussi agir sur le logement, les mobilités, les services et l'image du bassin, autant de facteurs qui pèsent sur la décision d'un candidat de s'y installer.
Pour les entreprises comme pour les collectivités, comprendre ce qui attire, retient ou décourage les talents devient un levier de compétitivité.
Mesurer et construire son attractivité
Objectiver son image auprès des candidats, des salariés et des habitants est le point de départ de toute stratégie d'attractivité. L'Institut Quorum accompagne les acteurs du secteur privé et les territoires dans ces diagnostics, avec des dispositifs dont le coût d'une étude d'opinion s'adapte aux enjeux.
Ces travaux prolongent notre analyse de la réputation des entreprises, où l'image perçue conditionne la confiance et l'attractivité.
Ce qu'il faut retenir
Le recrutement se détend mais reste difficile pour une entreprise sur deux, et les tensions se concentrent sur des secteurs clés. Dans cette compétition pour les talents, l'image employeur et l'attractivité territoriale deviennent décisives. Les mesurer, c'est se donner les moyens de recruter et de fidéliser durablement.