Renoncement aux soins
La part des habitants ayant renoncé à un soin, la nature des soins concernés et les motifs invoqués, financiers, de délai ou de distance.
Un observatoire local de l'accès aux soins est un dispositif d'enquête récurrent, conduit par Institut Quorum auprès d'un échantillon représentatif des habitants d'un territoire, qui mesure le renoncement aux soins, les délais vécus, les distances parcourues et la perception de l'offre médicale à l'échelle où la collectivité agit réellement.
Les collectivités qui investissent dans l'accès aux soins nous posent des questions que les baromètres nationaux ne tranchent pas.
Les baromètres nationaux du renoncement aux soins établissent des ordres de grandeur pour la France. Ils ne descendent pas à l'échelle d'une intercommunalité ou d'un bassin de vie.
C'est pourtant à cette échelle que se décident une maison de santé pluriprofessionnelle, un contrat local de santé, un dispositif de transport vers les soins ou une aide à l'installation. Institut Quorum construit un échantillon sur le périmètre exact du territoire, dimensionné pour distinguer les communes ou les secteurs les plus fragiles, et reconduit la mesure pour objectiver l'effet des investissements. Le point décisif est le calendrier : une mesure conduite avant l'ouverture d'un équipement est la seule façon de démontrer ensuite son impact. Un équipement ouvert sans mesure de départ ne pourra jamais faire la preuve de ce qu'il a changé. Notre note sur les déserts médicaux et notre note sur la formulation de la question du renoncement détaillent ces enjeux.
Une collectivité qui cherche un observatoire de l'accès aux soins rencontre d'abord des dispositifs publics installés, qui portent cette appellation ou une appellation très proche. Ils sont utiles, ils sont sérieux, et aucun ne répond à la question qu'elle se pose.
L'observatoire de l'accès aux soins de l'Assurance Maladie, publié en accès libre sur son portail de données à la suite d'un engagement de la convention médicale signée en 2024, suit des indicateurs d'offre construits sur les fichiers administratifs : part des patients en affection de longue durée sans médecin traitant, installations de médecins généralistes, patientèle, contrats d'assistants médicaux. Il descend au niveau régional et départemental. Il dit combien de professionnels exercent et combien de patients sont suivis. Il ne dit pas ce qu'un habitant a vécu, renoncé ou parcouru.
L'observatoire de l'accès aux droits et aux soins porté par une organisation humanitaire décrit la situation des personnes en grande précarité reçues dans ses propres programmes d'accueil. C'est une observation de terrain sur une population spécifique, elle n'est pas représentative de l'ensemble des habitants d'un territoire et ne prétend pas l'être.
Le baromètre de l'accès aux soins publié chaque année par une fédération hospitalière est bien une enquête d'opinion, et il mesure bien le renoncement déclaré. Son échantillon est national. Il établit des ordres de grandeur pour la France et documente lui-même la dispersion entre les territoires, ce qui interdit précisément d'en déduire le chiffre d'une intercommunalité donnée.
L'observatoire local conduit par Institut Quorum est le quatrième objet. Il interroge un échantillon représentatif des habitants du périmètre commandeur, sur ce qu'ils ont vécu, et il reconduit la mesure à méthode constante. La distinction utile n'est pas l'opposition entre données administratives et opinion, puisque l'une et l'autre existent déjà : c'est le croisement de deux critères, la nature de ce qui est mesuré, l'offre installée ou l'expérience déclarée, et l'échelle à laquelle le résultat est interprétable, nationale ou celle du territoire qui commande.
Conséquence pratique pour un acheteur public : une consultation qui demande un observatoire de l'accès aux soins sans préciser ces deux critères expose à recevoir des offres portant sur des objets différents, dont certaines consisteront à remettre en forme des données ouvertes déjà publiques.
Chaque observatoire est conçu sur mesure, en fonction de votre périmètre, de votre offre de soins et des dispositifs que vous conduisez.
La part des habitants ayant renoncé à un soin, la nature des soins concernés et les motifs invoqués, financiers, de délai ou de distance.
La part sans médecin traitant déclaré, l'ancienneté de la situation et les démarches entreprises pour en trouver un.
Les délais réellement subis par spécialité et les distances parcourues, à distinguer des délais théoriques de l'offre.
La comparaison entre communes ou secteurs, qui identifie les zones les plus fragiles à l'intérieur même d'un territoire.
Le report vers les urgences faute d'alternative, et l'acceptation réelle des solutions à distance selon les publics.
Un point de départ avant l'ouverture d'un équipement, puis des vagues successives, dans une logique d'évaluation de politique publique.
Les territoires sont au cœur de nos travaux depuis la fondation de l'Institut. Nous accompagnons les collectivités et les établissements publics, de la conception du questionnaire à la restitution devant les élus qui doivent trancher.
Nos référencesÉchantillons représentatifs construits par la méthode des quotas, taille d'échantillon dimensionnée sur les sous-groupes à analyser, marges d'erreur affichées et conformité RGPD.
C'est une enquête auprès d'un échantillon représentatif des habitants d'un territoire, reconduite à intervalles réguliers, qui mesure leur accès réel aux soins : renoncement, médecin traitant, délais, distances, recours aux urgences et perception de l'offre. La récurrence est ce qui en fait un observatoire plutôt qu'une étude ponctuelle.
Un baromètre national établit des ordres de grandeur pour la France, sur un échantillon national. Il ne permet pas de savoir ce qui se passe dans une intercommunalité donnée, parce qu'il n'y a pas assez de répondants sur ce périmètre. Un observatoire local mesure votre territoire, et seulement lui.
Parce qu'elle agit, même sans compétence sanitaire générale : maisons de santé pluriprofessionnelles, contrats locaux de santé, aides à l'installation, transport vers les soins, locaux mis à disposition. Toutes ces décisions engagent des moyens, et mesurer permet de les cibler puis d'en rendre compte.
Le renoncement aux soins est une notion sensible à la formulation de la question : le chiffre obtenu varie fortement selon la période de référence retenue et selon que l'on interroge le renoncement définitif ou le simple report. Nous explicitons systématiquement la formulation employée, sans quoi la comparaison d'un chiffre à l'autre n'a pas de sens.
En établissant une mesure de départ avant l'ouverture, puis en reconduisant la même enquête après la mise en service. Sans point de départ, l'effet ne peut qu'être affirmé, pas démontré. C'est pourquoi la mesure doit être engagée pendant les travaux et non après l'inauguration.
Ce sont deux objets distincts qui portent une appellation voisine. L'observatoire de l'Assurance Maladie est un tableau de bord en accès libre construit sur les fichiers administratifs, qui suit l'offre installée : patients en affection de longue durée sans médecin traitant, installations de médecins, patientèle, assistants médicaux, avec un niveau régional et départemental. Il dit combien de professionnels exercent. Un observatoire local d'opinion dit ce que les habitants ont vécu, à quoi ils ont renoncé et pourquoi. Les deux se complètent : le premier décrit l'offre, le second l'expérience, et l'écart entre les deux est souvent l'information la plus utile à un élu.
Elles sont indispensables et gratuites, il faut les exploiter d'abord. Elles atteignent leur limite sur trois questions qu'aucun fichier administratif ne contient : le renoncement, parce que la personne qui renonce ne produit aucune trace dans les données de remboursement ; le délai réellement subi avant un rendez-vous ; et la raison pour laquelle un habitant contourne l'offre existante. Ces trois informations ne s'obtiennent qu'en interrogeant les habitants.
Le diagnostic local de santé est un état des lieux large, souvent préalable à un contrat local de santé. L'observatoire est son prolongement dans le temps : il reprend les indicateurs d'opinion du diagnostic et les suit vague après vague, pour mesurer l'évolution plutôt que de refaire un état des lieux.
À lire également : diagnostic local de santé, baromètre de l'accès aux soins, secteur santé, nos observatoires, conduire une enquête auprès des habitants et notre fiche sur la marge d'erreur.
Une maison de santé en construction, un contrat local de santé à cadrer, un dispositif à évaluer : nos équipes installent la mesure de départ qui rendra l'impact démontrable.